Maison ronde

Les nouvelles tendances architecturales des maisons rondes face aux défis urbains actuels et futurs enjeux de densification

Les nouvelles tendances architecturales des maisons rondes face aux défis urbains actuels et futurs enjeux de densification

Les nouvelles tendances architecturales des maisons rondes face aux défis urbains actuels et futurs enjeux de densification

On associe encore souvent les maisons rondes aux terrains isolés, à la campagne, avec vue sur les montagnes ou au milieu d’une clairière. Sauf que la réalité du logement va dans l’autre sens : densification, friches à reconvertir, petites parcelles urbaines, surélévations, habitat groupé… Alors, est-ce que la maison ronde a vraiment sa place dans la ville dense d’aujourd’hui et de demain ? Oui, mais pas du tout comme on l’imagine au départ.

Maisons rondes et ville dense : fausse opposition, vrais enjeux

Quand on parle densification, on pense tout de suite à :

La maison ronde, elle, évoque plutôt :

Le choc des deux mondes ? Pas forcément. Les nouvelles tendances architecturales autour des formes circulaires vont justement dans le sens des villes compactes :

On ne parle plus seulement de « maison ronde » perdue dans la verdure, mais de :

Autrement dit : le rond s’invite dans la ville, mais il change d’échelle et de fonction.

Le retour en force des « noyaux centraux » : des plans malins pour les petites surfaces

Une des grandes tendances actuelles, c’est le retour du plan organisé autour d’un noyau central, souvent circulaire ou polygonal. Ce noyau peut regrouper :

En architecture circulaire, ça donne quoi en ville ? Par exemple, sur une parcelle étroite, on peut imaginer :

Pourquoi c’est intéressant pour la densification ?

Sur un projet de 4 petits logements urbains de 45 m², on peut facilement gagner 4 à 6 m² utiles par logement en réduisant les circulations classiques grâce au plan circulaire. Rapporté au prix du m² en zone tendue, ça fait vite plusieurs dizaines de milliers d’euros de valeur créée… ou autant de surface en plus à vivre sans agrandir le bâti.

Les micro-maisons rondes urbaines : densité douce et modulable

Autre tendance forte : la micro-maison. Sauf qu’en ville, chaque mètre carré coûte cher, chaque façade sur rue est précieuse, et chaque permis de construire est discuté. La micro-maison ronde apporte plusieurs réponses intéressantes :

Exemple concret : sur une parcelle résiduelle en fond de cour de 80 m², difficile d’implanter une maison rectangulaire de 8 x 10 m avec toutes les contraintes de retrait, d’alignement, de vis-à-vis. Une unité ronde de 6 m de diamètre, posée légèrement en retrait, permise en R+1, peut offrir :

Et côté densification, la ville n’y perd pas : on loge une personne ou un couple de plus, sans raser un bâtiment existant, sans surcharger les parkings, et souvent en utilisant une parcelle à l’abandon.

Galère à anticiper : le PLU. Beaucoup de règlements sont pensés pour des volumes rectangulaires. Ça peut donner :

Dans ces cas-là, arrive très vite la réalité des délais : 6 mois de plus sur l’instruction parce que le projet sort des cases habituelles. Mieux vaut le savoir avant de se lancer, surtout en milieu urbain tendu.

Surélever en rond : les modules légers pour les toits plats

Autre enjeu central de la densification : la surélévation. Plutôt que d’étendre la ville à l’horizontale, on ajoute des niveaux sur des bâtiments existants, notamment :

Les modules ronds préfabriqués prennent ici une place intéressante :

Un petit module circulaire de 30 à 35 m², posé en toiture, peut devenir :

Sur le plan structurel, un plan circulaire répartit mieux les charges périphériques qu’un simple volume long et étroit. Mais attention : ça ne veut pas dire que tout est possible. On voit parfois des projets de dômes surélevés avec des attentes irréalistes :

En pratique, la tendance intéressante, ce sont les « demi-ronds » : des volumes légèrement courbes, ou des pans de façade arrondis, qui profitent des avantages de la forme sans basculer dans le dôme complet difficile à gérer en chantier urbain.

Du rond pour mieux partager : patios, cours et cœurs d’îlot

La densification urbaine ne doit pas se résumer à « plus de mètres cubes ». Les habitants ont besoin de lumière, de vues dégagées, de respirations. Là, les formes circulaires sont très utiles pour organiser les espaces communs :

Un patio circulaire de 6 à 8 m de diamètre peut :

C’est une tendance forte dans certains écoquartiers : le bâtiment peut être plus compact en plan, mais on compense en créant un cœur d’îlot circulaire, vivant. Là encore, le rond n’est pas juste esthétique ; il améliore le confort urbain :

Côté témoignages, beaucoup d’habitants de ce type de configuration reviennent avec la même phrase : « On vit dans un immeuble, mais l’ambiance est plus proche d’un village ». Les formes arrondies cassent le côté « couloir d’hôtel » et créent plus facilement des lieux de rencontre.

Performance énergétique : pourquoi le rond gagne des points en milieu urbain

En ville, les pertes énergétiques se concentrent souvent sur :

Le rond a un avantage géométrique simple : pour un même volume, il présente moins de surface d’enveloppe. En pratique :

Sur une petite maison individuelle urbaine, passer d’un plan très découpé à un plan quasi circulaire peut réduire la surface de paroi déperditive de 5 à 10 %, ce qui n’est pas négligeable sur une facture de chauffage annuelle.

En collectif, on voit apparaître des :

Côté systèmes techniques, il y a cependant un petit piège : les réseaux (ventilation, chauffage, plomberie) aiment les lignes droites. Donc :

Sur des projets bien pensés, le surcoût lié aux formes arrondies peut être de l’ordre de +5 à +10 % sur le gros œuvre et certains lots, mais il est en partie amorti par :

Vie quotidienne dans une maison ronde urbaine : les vraies questions à se poser

Au-delà de la théorie, la question, c’est : est-ce qu’on vit bien dans une maison ronde, coincée entre deux immeubles, ou sur un toit de ville ? Quelques retours fréquents :

C’est là qu’on voit souvent apparaître la galère budgétaire : le projet démarre avec un budget « serré mais jouable », puis on découvre qu’il faut :

Résultat : 5 000 à 15 000 € à ajouter en agencement spécifique pour vraiment tirer parti du rond. Si on ne les met pas, on se retrouve avec des meubles rectangulaires qui flottent au milieu, et on perd tout l’intérêt de la compacité.

En milieu urbain, une maison ronde bien pensée doit donc être conçue « de l’extérieur vers l’intérieur » :

Si l’architecte dessine un très beau volume circulaire mais que l’agencement est improvisé à la fin, l’expérience quotidienne risque d’être frustrante.

Et demain : des villes plus circulaires, pas seulement des maisons rondes

Face aux enjeux de densification, la vraie tendance de fond, ce n’est pas juste « mettre des maisons rondes partout ». C’est de penser la ville de manière plus circulaire dans son fonctionnement :

Dans ce contexte, les maisons et bâtiments aux formes arrondies deviennent des outils intéressants pour :

Est-ce que c’est facile à mettre en œuvre ? Non. Les freins sont réels :

Mais on voit déjà apparaître, un peu partout, des signaux faibles : micro-maisons rondes insérées dans des dents creuses, patios circulaires dans des réhabilitations de friches, surélévations en modules courbes sur des toits plats.

Si vous avez un projet en ville ou en petite couronne, la question à vous poser n’est pas « Est-ce que je peux faire une maison parfaitement ronde ? », mais plutôt :

C’est dans ces zones-là que les nouvelles tendances architecturales des maisons rondes deviennent de vraies réponses aux défis urbains actuels, plutôt qu’un simple caprice de forme.

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